Mille-pattes chez soi, espèces, risques et solutions

Mille-pattes : identifier, comprendre et gérer l’animal à la maison

En bref
  • Le nom « mille-pattes » couvre plusieurs animaux, et aucun n’a mille pattes.
  • Les diplopodes vivent surtout dans la litière et le bois mort.
  • La scutigère, qu’on voit parfois dans les maisons, est inoffensive pour l’être humain.
  • La scolopendre, surtout présente dans le sud de la France, peut causer une morsure douloureuse.
  • Pour retirer un mille-pattes, un aspirateur ou un balai suffit, sans le toucher.

Sommaire

  1. Mille-pattes : un nom qui recouvre plusieurs animaux
  2. La scutigère, le mille-pattes que l’on croise dans les logements
  3. Les mille-pattes recyclent la matière morte et régulent la petite faune
  4. Pourquoi en trouve-t-on dans une maison ?
  5. Dangerosité : la scutigère se distingue de la scolopendre
  6. Retirer un mille-pattes sans le toucher et limiter son retour
  7. Idées reçues sur les mille-pattes, entre peur et confusion
  8. Foire aux questions

Un mille-pattes qui file le long d’un mur ou sous un évier fait sursauter. On se demande aussitôt ce que c’est, et s’il faut s’en inquiéter.

Cet article aide à reconnaître l’animal, à comprendre pourquoi il se trouve dans la maison, à savoir s’il est dangereux et à le retirer sans risque.

Mille-pattes : un nom qui recouvre plusieurs animaux

Les diplopodes : corps arrondi et deux paires de pattes par segment

« Mille-pattes » désigne plusieurs groupes d’animaux, et aucun n’a mille pattes. En France, certains chilopodes ont jusqu’à 179 paires de pattes, mais aucun n’en a mille.

Les diplopodes, comme les iules et les gloméris, ont souvent le corps arrondi et deux paires de pattes sur la plupart de leurs segments. Ils vivent surtout dans la litière, sous les pierres et dans le bois mort.

Les chilopodes : corps aplati et une paire de pattes par segment

Les scutigères, les lithobies et les scolopendres font partie des chilopodes, qu’on reconnaît à trois traits :

  • Un corps aplati de haut en bas, qui leur permet de se glisser sous les pierres, dans les fentes des murs et sous les écorces.
  • Une paire d’antennes sur la tête, qui sert à repérer les proies et les obstacles avant d’avancer.
  • Une seule paire de pattes par segment, contrairement aux diplopodes, qui en ont deux sur la plupart de leurs segments.

La scutigère, le mille-pattes que l’on croise dans les logements

Pour la reconnaître, il suffit de regarder ses pattes, longues et fines, au nombre de 15 paires. La scutigère mesure 3 à 4 cm de long, pattes comprises. Son corps jaune-brun brillant porte des bandes sombres sur le dos.

Si on la voit sur un mur, c’est la nuit. Le jour, elle reste cachée dans les fissures, sous les pierres ou sous le bois. La nuit, elle chasse le long des murs et au sol.

Les mille-pattes recyclent la matière morte et régulent la petite faune

Décomposeurs : les diplopodes et le recyclage des végétaux

Les diplopodes mangent des feuilles et du bois mort. Ce sont des décomposeurs, c’est-à-dire des animaux qui participent au recyclage de la matière végétale.

En broyant ces restes en fragments, ils leur donnent une plus grande surface. Les microbes du sol peuvent alors les transformer plus vite. Un diplopode présent dans le jardin travaille donc pour le sol.

Prédateurs : les chilopodes et la petite faune du sol

Les chilopodes sont des prédateurs. Ils chassent des larves d’insectes, des vers et d’autres petits animaux du sol, ce qui limite le nombre de ces invertébrés.

Dans les maisons, la scutigère fait le même travail : elle chasse les moustiques, les mouches, les fourmis et les blattes. Ce service reste discret, et il ne demande aucun geste de la part des occupants.

Pourquoi en trouve-t-on dans une maison ?

Une scutigère seule ne prouve pas un gros problème d’humidité, mais les caves, les salles de bains et les endroits sombres lui offrent abri et proies. Pour limiter sa présence, il faut agir sur trois points :

Dangerosité : la scutigère se distingue de la scolopendre

La scutigère : appendices venimeux, mais inoffensive pour l’homme

La scutigère possède des appendices venimeux. Elle s’en sert pour capturer ses proies, comme les moustiques, les mouches, les fourmis ou les blattes qu’elle trouve dans la maison. Son venin sert donc à chasser.

Pour l’être humain, elle est inoffensive. Il n’y a pas de raison de la craindre chez soi ni de l’écraser par réflexe : un aspirateur ou un balai suffit pour la retirer sans contact.

Les scolopendres : forcipules et morsures qui ne se transposent pas

Chez les chilopodes, les forcipules ne présentent pas le même risque selon l’espèce.

Critère Scutigère Scolopendre ceinturée
Forcipules Appendices venimeux sous la tête, utilisés pour capturer ses proies Appendices venimeux sous la tête, qui injectent du venin aux proies
Habitat Les habitations, où elle chasse moustiques, mouches, fourmis et blattes Le sud de la France, sur le pourtour méditerranéen
Morsure Inoffensive pour l’être humain Douleur forte, rougeur et gonflement local

Retirer un mille-pattes sans le toucher et limiter son retour

Pour retirer un mille-pattes sans contact et limiter son retour, il faut agir de trois façons :

  • Le retirer avec un aspirateur ou un balai, sans le saisir à la main.
  • Ne pas compter sur les insecticides d’intérieur : ils n’arrêtent pas les entrées de mille-pattes.
  • Réduire l’humidité près des fondations en retirant les feuilles mortes et les débris végétaux, et en éloignant le bois humide des murs, parce que ces abris attirent l’animal.

Idées reçues sur les mille-pattes, entre peur et confusion

Aucun mille-pattes n’a mille pattes : les chilopodes de France en ont jusqu’à 179 paires. Et voir un mille-pattes ne prouve pas une maison sale. Les diplopodes vivent dans les feuilles et le bois mort, les chilopodes dans les endroits humides.

Tous ne sont pas venimeux. Les chilopodes capturent leurs proies avec des appendices venimeux, et une morsure n’est pas une piqûre : le risque dépend de l’espèce.

Pour les distinguer, il suffit de regarder la forme du corps. L’iule a un corps arrondi et deux paires de pattes sur la plupart de ses segments. La scolopendre a un corps aplati et une paire de pattes par segment.

Un mille-pattes chez soi ne prouve pas forcément une maison sale. Le plus utile est de savoir de quel animal il s’agit, car le risque varie d’une espèce à l’autre.

Le prochain pas consiste à regarder la forme du corps, puis à retirer l’animal sans le toucher. Si une morsure douloureuse survient, il faut consulter un médecin.

Foire aux questions

Un mille-pattes peut-il vivre durablement dans une maison ?

Non. Un mille-pattes entré dans une maison ne survit pas longtemps dans l’air sec de la plupart des logements. Pour qu’il ne s’installe pas, il faut réduire l’humidité et boucher les passages par où il entre.

Quels produits éloignent réellement les mille-pattes ?

Aucun produit d’intérieur n’éloigne réellement les mille-pattes : les insecticides ne stoppent pas leurs entrées.

Ce qui compte, c’est de supprimer les abris près des fondations, comme les tas de feuilles ou le bois posé contre le mur, puis de reboucher les fissures.

Les mille-pattes mangent-ils du bois dans une maison ?

Non. Les diplopodes mangent surtout du bois mort en décomposition et des feuilles mortes, pas le bois sain d’une charpente ou d’un meuble. Un mille-pattes trouvé dans une maison ne s’attaque donc pas à la structure.

Les mille-pattes sont-ils attirés par la lumière ?

Non, la lumière ne les attire pas. La scutigère sort la nuit pour chasser, puis se cache le jour dans les fissures, sous les pierres ou sous le bois.

Une scutigère vue en plein jour a donc été délogée de sa cachette.

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